Violation des droits constitutionnels: Aux côtés d’autres candidats, Mimi Touré évente le système de parrainages

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Le 8 janvier 2024, Aminata Touré, ancienne Première ministre du Sénégal, également candidate, a exprimé des préoccupations majeures concernant le processus électoral au Sénégal. Aux côtés d’autres candidats à l’élection présidentielle comme Aly Ngouille Ndiaye, Cheikh Abdou Mbacké Bara Doly, et Mouhammed Ben Diop, elle a partagé des détails sur ce qu’ils appellent « Le collectif des candidats spoliés ». 

 

Ce collectif s’est formé suite à la disqualification d’un nombre significatif de ses parrains, un acte qu’il considère comme une violation de leurs droits constitutionnels.

Aminata Touré a rapporté que des milliers de parrains ont été déclarés non identifiés dans le fichier électoral, malgré la possession de cartes d’électeur valides. Elle souligne l’importance de ce problème, le qualifiant de « précédent sans précédent » dans l’histoire électorale du Sénégal.

Le collectif remet en question la fiabilité du fichier électoral, surtout après l’admission par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) de ne pas avoir mis à jour son fichier : « Nous avons entendu la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) admettre n’avoir pas mis à jour son fichier. La question fondamentale qui se pose alors est de savoir sur quelle liste se baser. Le résultat de la vérification des listes a révélé un nombre conséquent d’électeurs parrains, qualifiés de non identifiés, alors qu’ils sont bien détenteurs de leur carte d’électeur. Pour des raisons qui nous échappent, ces électeurs ne figurent pas sur le fichier électoral utilisé pour le contrôle des parrains. Il est absurde qu’un parrain muni d’une carte d’identité CEDEAO et d’un numéro de carte d’électeur disparaisse du fichier ».

Le cas de Mohamed Ben Diop, candidat présidentiel, est présenté comme emblématique. Bien qu’ayant suivi le processus requis, il n’a pas été retrouvé dans le fichier lors de la vérification des parrains : « Notre cas zero s’appelle Mohamed Ben Diop, candidat à l’élection présidentielle, qui, malgré avoir respecté tout le processus, n’a pas été retrouvé dans le fichier lors de la vérification des parrains. C’est un cas inédit. Il a voté lors de l’élection de 2022 et n’a pas changé ni de bureau de vote ni de patronyme. Nous exigeons le rétablissement de tous ses parrains dans nos quotas d’électeur ».

Aminata Touré et les autres membres du collectif demandent au Conseil Constitutionnel de reconnaître ces parrains comme citoyens sénégalais avec des droits constitutionnels : « Nous demandons au Conseil Constitutionnel de rétablir ces parrains en tant que citoyens sénégalais, car avant d’être parrains ou électeurs, ils sont des citoyens ayant des droits constitutionnels, notamment le droit de voter, qui leur a été manifestement dénié. Nous avons déposé une requête, mais la situation s’est aggravée. La CENA, bien qu’ayant pour mission de superviser toutes les élections et référendums, a admis dans un communiqué succinct que le fichier n’était pas à jour. Nous sommes à l’approche de l’élection présidentielle, et des centaines de milliers de Sénégalais risquent de se voir retirer leur droit fondamental de voter ».

Elle conclut en signalant une volonté délibérée d’éliminer des candidats par des méthodes qu’ils jugent inacceptables. Aminata Touré annonce que le collectif ne se limitera pas à déposer une requête : « Je m’exprime à double titre : en tant que membre du collectif et en tant qu’Aminata Touré candidate. Nous percevons une volonté délibérée d’éliminer des candidats par une méthode inacceptable et intolérable. Le collectif ne se contentera pas de déposer une requête et d’attendre ; nous allons bientôt vous informer de notre plan d’action », a-t-elle dit devant les journalistes.