Combat pour le respect de l’état de droit: Que reste-t-il du contrepouvoir Y’en a marre?

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Les réactions suite au report de l’élection présidentielle du 25 février 2024 se poursuivent. Partis politiques, coalitions de partis, membres de la société civile, tous se sont levés pour dénoncer la décision du chef de l’Etat Macky Sall. Sur X (ancienne Twitter), le mouvement Y en a marre s’est simplement limité à parler de « violation flagrante de la Constitution », sans envisager des actes à poser comme naguère, pour le respect des principes démocratiques et de l’état de droit.

« Le président Macky Sall a une fois de plus foulé aux pieds la charte fondamentale de notre pays en abrogeant le décret portant convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle du 25 février 2023 », ont pesté Aliou Sané et Cie.

Selon eux, « Cette violation flagrante de la Constitution n’est pas différente de la troisième candidature à laquelle le peuple sénégalais s’est farouchement opposé à deux reprises ». En 2012, lorsque le président Abdoulaye Wade a été accusé d’être intentionné par une « dévolution monarchique du pouvoir », le mouvement Y’en a marre avait catalysé toutes les forces vives dans un combat de rue pour faire fléchir le pouvoir d’alors.

Entretemps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts avec l’arrestation de ses membres comme Simon Kouka et Kilifeu, impliqués dans une affaire de trafic de passeports. Une affaire qui a porté un sacré coup à la crédibilité de cette organisation de la société civile dont le coordonnateur croupit présentement en prison pour avoir bravé l’interdiction de se rapprocher du domicile de l’opposant Ousmane Sonko, barricadé et que l’opposition tenait coûte que coûte à libérer des griffes du régime.
Par rapport au report de la présidentielle du 25 février 2024, Y’en a marre fera constater que « lors sa déclaration, le Président Macky Sall a indiqué avoir consulté, entre autres personnalités institutionnelles, le Président du Conseil constitutionnel, garant du processus électoral, avant de prendre cette décision ».
Avant de se poser la question de savoir si : « Le Conseil a-t-il donné son accord à Macky Sall pour prendre cette décision illégale et illégitime ? ». Pour Y en a marre,  » En tant que juge électoral, le Conseil constitutionnel doit clarifier sa responsabilité dans ce report ».
A les en croire, cette institution judiciaire a la responsabilité historique « de dire Non à un Président et à ses caprices, à l’instar d’autres Cours constitutionnelles africaines ». Avant de l’inviter à « refuser d’être instrumentalisée par les acteurs politiques de tous bords ».
Entre autres recommandations, le mouvement Y en a marre appelle « le Conseil Constitutionnel à s’affranchir du pouvoir exécutif et à s’engager dans la voie de la démocratie ».
II lui demande « d’exercer toutes les missions qui lui sont dévolues par la Constitution et les lois de la République, comme il l’a déclaré le 29 janvier dernier à la suite de la mise en place d’une commission parlementaire chargée d’enquêter sur des faits présumés de corruption impliquant trois de ses membres ».
En fin, il exhorte le Conseil Constitutionnel, en tant qu’instance chargée de veiller au respect de la Constitution et de garantir l’indépendance du processus électoral, à prendre ses responsabilités et à faire respecter l’État de droit.

 

Y EN A MARRE | COMMUNIQUÉ

Le président Macky Sall a une fois de plus foulé aux pieds la charte fondamentale de notre pays en abrogeant le décret portant convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle du 25 février 2023. Cette violation flagrante de la… pic.twitter.com/Vz5y9e5gGq
— Mouvement Y EN A MARRE (@Yenamarre_NTS) February 3, 2024