Violences policières à l’UCAD: Le SAES culpabilise l’État après la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ
Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a réagi au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu le lundi 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), à la suite de l’intervention des forces de l’ordre sur le campus social.
Réuni en urgence le mardi 10 février, le Secrétariat national du syndicat a exprimé ses condoléances à la famille du défunt, à la communauté universitaire et à la Nation.
Dans son communiqué, le SAES établit un parallèle avec d’autres décès d’étudiants survenus lors d’interventions policières dans les universités sénégalaises, évoquant une « longue liste d’étudiants victimes des violentes répressions policières » à l’intérieur des campus.
Le syndicat « condamne avec la dernière énergie l’usage disproportionné de la violence aveugle » par les forces de l’ordre et tient le gouvernement du Sénégal pour responsable de ces drames, qu’il attribue à « la mauvaise gestion des crises universitaires ». Il demande à ce qu’ « une analyse froide des responsabilités soit menée afin que toute la lumière soit faite » et que les coupables soient identifiés et sanctionnés.
Le SAES rappelle avoir, dès décembre 2025, appelé les étudiants « au calme et à l’apaisement », invitant les forces de l’ordre « à la retenue » afin d’éviter « de nouveaux drames humains dans l’espace universitaire ». Le syndicat réaffirme qu’ « aucune réforme ne saurait se faire sans un minimum de consensus » et souligne plusieurs dysfonctionnements structurels du système universitaire, dont la massification incontrôlée, le déficit budgétaire, le manque d’enseignants et la non-livraison d’infrastructures. Face à cette situation, il demande au gouvernement de « surseoir, pour le moment, à la réforme » engagée et se dit disponible pour un dialogue permanent en vue de pacifier durablement l’espace universitaire.