Succession de Diomaye: Les obstacles qui se dressent devant Sonko

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Comme attendue par la majorité des partisans du Pastef, la question de la succession entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au Sénégal dépendra de plusieurs facteurs politiques, économiques et sociaux. Les enjeux sont multiples dans ce contexte actuel où le mécontentement des Sénégalais va crescendo.

 

Un Projet et des solutions utopiques ?

En effet, la plupart des attentes restent jusque-là non satisfaites. Si les difficultés économiques liées à la vie chère, le chômage et les perceptions d’une justice instrumentalisée persistent, la déception des électeurs du duo Sonko-Diomaye pourrait s’aggraver.  Ce qui, naturellement affaiblit la légitimité du régime actuel qui, après un peu plus d’un (1) an passé au pouvoir, a prouvé son incapacité à concrétiser les « ruptures » promises. D’où le début de l’érosion de sa base militante et la réduction de sa crédibilité.

Un retour sur le pacte politique initial permet de rappeler que les partisans de Pastef voient en Sonko un « leader historique » et en Diomaye Faye un « continuateur ». Si ce dernier peine à incarner le changement, Sonko pourrait tenter de reprendre le leadership, nonobstant certains obstacles légaux. Ousmane Sonko, toujours empêtré dans des affaires judiciaires même si celles-ci sont toujours perçues comme « politiques », pourrait voir son éligibilité contestée. À rappeler que Pastef et ses affidés ont déjà contesté la loi d’amnistie initiée par l’ancien Chef de l’État Macky Sall avant de proposer une loi d’interprétation de cette loi d’amnistie, finalement invalidée par le Conseil constitutionnel.

 

Traînée de casseroles 

Si Ousmane Sonko reste logique dans sa volonté de faire abroger la loi d’amnistie, sa capacité à se présenter à la prochaine présidentielle dépendra de l’évolution de ces dossiers qui l’opposent à Adji Sarr et à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.

Au demeurant, si la gouvernance Diomaye  s’améliore avec une reprise économique et des réformes perçues comme positives, cela  pourrait consolider sa position, rendant une transition vers Sonko moins nécessaire.
Toutefois, une persistance de la crise pourrait amener les partisans à exiger une alternative Sonko comme figure de salut, mais cela supposerait qu’il parvienne à se positionner telle une solution appropriée malgré les défis judiciaires.

 

Vers la cassure du duo Diomaye-Sonko 

Là également, une division au sein de la coalition « Diomaye Président » est à envisager. Car, des tensions pourraient émerger entre pro-Sonko et pro-Diomaye si les résultats restent médiocres, affaiblissant leurs chances aux élections locales prévues en 2027 et à la présidentielle de 2029.

Certains variables externes ne sont pas à exclure d’ailleurs. Notamment une pression internationale et économique due aux contraintes macroéconomiques comme la dette et l’inflation. Ce qui limite la marge de manœuvre du gouvernement, attisant la frustration, indépendamment de la volonté politique.
L’opposition et la société civile auront leur partition à jouer de bonne guerre à l’image du syndrome Macky Sall. Une mobilisation accrue contre le pouvoir pourrait redistribuer les cartes et obliger le camp présidentiel à revoir sa stratégie