Silence coupable: Le Réseau des lanceurs d’alerte interpelle Sonko après les révélations de Madiambal Diagne

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À Yoff, les accusations attribuées au journaliste Madiambal Diagne sont au centre d’une nouvelle interpellation visant Ousmane Sonko. Le Réseau des lanceurs d’alerte réclame des réponses de l’ancien Premier ministre et de ses avocats, alors que plusieurs voix appellent à faire vérifier les mises en cause plutôt qu’à les laisser sans suite.

 

Le communiqué évoque une perquisition qui aurait eu lieu dans l’appartement de Sonko, à la cité Senegindia. Selon les déclarations de Madiambal Diagne rapportées par le Réseau, des sommes en francs CFA, en euros et en dollars auraient été saisies et placées sous scellés. Le journaliste aurait aussi établi un lien temporel avec le démantèlement présumé d’un réseau de renseignements à Sébikotane.

Le Réseau des lanceurs d’alerte interpelle Ousmane Sonko et lui demande de clarifier ces accusations. Dans son compte rendu, LII Quotidien rapporte que ces derniers rappellent également d’autres accusations formulées par le journaliste depuis 2024 : une opération de 650 millions d’euros réalisée par l’État au moyen de mécanismes de Total Return Swaps, une rencontre présumée avec le juge Cheikh Ndiaye à Toubab Dialaw, ainsi que des dossiers concernant le Port autonome de Dakar et l’affaire Kosmos Energy.

Le communiqué mentionne aussi les avocats Ciré Clédor Ly, Bamba Cissé et Demba Ciré Bathily, présentés comme visés dans une enquête sur un mouvement de fonds douteux. Il évoque par ailleurs l’affaire dite des « 6 milliards des Indiens ». Ces éléments sont rapportés comme des accusations et des révélations signées Madiambal Diagne, et non comme des faits établis.

La demande de clarification rejoint d’ailleurs l’appel lancé le 25 septembre par Alioune Tine : le défenseur des droits humains a exhorté Ousmane Sonko à saisir la justice après les accusations du journaliste, installé en France. Madiambal Diagne a approuvé cette démarche sur X, estimant que le président de l’Assemblée nationale ne pouvait plus l’éviter tout en souhaitant que les accusations soient tirées au clair.

Le Réseau demande à Sonko, à ses conseils et à ses défenseurs quelles démarches ils ont entrepris pour démentir ou éclaircir les faits allégués. Il estime que les accusations doivent faire l’objet de vérifications et, si nécessaire, de procédures par les autorités compétentes, sans traitement judiciaire à deux vitesses. Le Réseau des lanceurs d’alerte a même convoqué le passé récent. Et c’est pour rappeler que dans un précédent épisode concernant des déclarations visant Ousmane Sonko, le procureur de la République s’était auto saisi.