Référendum constitutionnel: Et si Diomaye traînait Sonko jusqu’en décembre pour dissoudre l’Assemblée nationale !
L’Assemblée nationale a adopté ce lundi 29 juin la proposition de loi portant révision de la Constitution, portée par la majorité parlementaire de Pastef. Un vote intervenu dans un climat de fortes tensions politiques, alors que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a déjà annoncé son intention de soumettre le texte à référendum. Derrière cette séquence institutionnelle se cache une bataille politique plus profonde entre le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et le leader de Pastef, Ousmane Sonko.
En apparence, le recours au référendum est présenté comme une volonté d’élargir le consensus autour d’une réforme majeure. Mais pour plusieurs observateurs, cette décision pourrait aussi traduire une stratégie plus fine : reprendre la main sur le calendrier politique.
En effet, alors que la majorité parlementaire contrôlée par Sonko a réussi à imposer le texte à l’Assemblée, le référendum replace désormais la décision finale entre les mains du président, seul habilité à fixer la date de la consultation populaire.
Une question se pose alors : Diomaye pourrait-il volontairement temporiser ?
Dans un contexte marqué par des difficultés économiques, des contraintes budgétaires et un climat politique encore fragile, le chef de l’État pourrait invoquer la nécessité de réunir les conditions d’un scrutin apaisé pour reporter l’échéance.
Un tel scénario lui permettrait de gagner du temps jusqu’à l’ouverture de la possibilité constitutionnelle de dissoudre l’Assemblée nationale, prévue à la fin de l’année 2026 selon plusieurs interprétations juridiques.
Si cette hypothèse se confirmait, elle bouleverserait les équilibres actuels. Car une dissolution pourrait ouvrir une nouvelle bataille électorale, rebattre les cartes au sein de la majorité et renforcer davantage le pouvoir présidentiel.
Autre enjeu de taille : la question du second mandat.
Si la réforme débouche sur une reconfiguration profonde des institutions, certains pourraient être tentés de défendre la thèse d’un “nouveau cycle constitutionnel”, relançant ainsi le débat sur le décompte des mandats présidentiels.
Pour l’heure, rien ne permet d’affirmer que tel est le plan du président Diomaye Faye. Mais une chose est sûre : dans cette bataille institutionnelle, le contrôle du temps est devenu un levier stratégique majeur.
Au Sénégal, le duel politique ne se joue plus seulement dans l’hémicycle. Il se joue désormais dans la maîtrise du calendrier.