Ousmane Sonko: « Nous avons une monnaie. Sortir du franc CFA n’est pas une première option »

0 274

Au cours d’une conférence de presse significative tenue le vendredi 15 mars, Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, qui a décidé de mettre en selle Bassirou Diomaye Faye dans la course présidentielle sénégalaise du 24 mars, a apporté des éclaircissements cruciaux sur la position de leur coalition concernant le franc CFA. Ces précisions interviennent après une période marquée par la détention de Sonko et de Diomaye Faye, qui a suscité des questions sur l’orientation future de leur politique monétaire.

 

Contexte et Difficultés de Communication

Sonko a initié son intervention en soulignant les défis liés à l’élaboration du programme pendant leur détention : “Sur la question du franc CFA, c’est souvent une question qui interpelle beaucoup plus les élites. Je crois que le programme a été fait dans des conditions extrêmement délicates et difficiles. Nous n’avons pas eu la possibilité de travailler sérieusement, parce que vous savez que quand vous êtes en détention, les conditions d’entrée et de sortie de courrier sont très complexes.” Cette déclaration met en lumière les obstacles à une communication fluide et à l’intégration des propositions en temps voulu, influençant la formulation de leur politique sur le franc CFA.

 

Continuité du Programme

Il a insisté sur la vision de continuité du programme, malgré les nouvelles circonstances : “Les dernières observations formulées même par le candidat n’ont pas pu être intégrées sur cette problématique là. Mais je veux dire simplement qu’il faut savoir lire notre programme comme une continuité.” En faisant référence aux positions antérieures, notamment celles exprimées dans son livre « Solution » et le programme de 2019, Sonko souligne une approche cohérente et de long terme face aux enjeux monétaires.

 

Approche Prudentielle et Régionale

En abordant la stratégie concernant le franc CFA, Sonko précise : « Notre démarche a toujours été de dire qu’il y a un problème avec cette monnaie et qu’elle ne colle pas à nos impératifs de développement. Il faut qu’on assume nos responsabilités pour aller vers autre chose ». Il met en avant une approche prudente et régionale, privilégiant les efforts de réforme au sein des ensembles sous-régionaux comme la CEDEAO et l’UEMOA, avant d’envisager des mesures plus radicales telles que l’adoption d’une nouvelle monnaie.

 

Potentiel de la CEDEAO et Préalables à l’Adoption d’une Nouvelle Monnaie

L’accent est mis sur le potentiel économique de la CEDEAO : “Aujourd’hui, nous avons une monnaie dans le cadre de l’UEMOA. Ça semble aller dans une certaine direction, mais ça va très lentement. Nous allons essayer de booster pour aller vers les réformes qu’il faut, mais nous avons toujours dit que notre option, c’était même la CEDEAO.” Sonko évoque les préalables nécessaires à une éventuelle transition vers une monnaie propre, soulignant que cette option ne sera envisagée que si les efforts régionaux ne portent pas leurs fruits.

Continuité et actualisation du Programme

 

Pour conclure, Sonko revient sur les défis posés par leur détention sur le développement du programme et insiste sur la nécessité de considérer le programme actuel comme une évolution du précédent : « Donc, vous savez bien qu’en détention, on a des difficultés et le programme a navigué. On n’a pas pu, à la présentation du programme, faire les dernières observations. Mais lisez ce programme comme une continuité ».