Occupation du terrain diplomatique: Quand la montée en puissance de Macky Sall irrite Daouda Ngom
L’actuel ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Daouda Ngom, ancien ministre de l’Environnement, a vivement critiqué, dans l’émission « En Vérité » sur la RTS, l’attitude de l’ex-président Macky Sall après son départ du pouvoir. Selon lui, « un ancien chef d’État doit faire preuve de recul et de réserve ».
« Dans le monde, c’est fréquent », explique-t-il. « Le président Abdou Diouf, après son départ du pouvoir, avait décidé de ne plus se prononcer sur les affaires politiques nationales. Son successeur, Abdoulaye Wade, bien qu’il soit resté actif dans le champ politique, avait fini par devenir aphone ».
À ses yeux, Macky Sall ne s’inscrit pas dans cette tradition. « Il a manqué d’élégance. C’est sa manière de faire, mais on ne peut pas être ancien président de la République et, chaque jour qui passe, mettre des bâtons dans les roues de son successeur. C’est un manque de respect républicain envers le président Diomaye Faye ».
Seulement, comparaison pour comparaison, aucun des anciens chefs d’État cités par Daouda Ngom n’a monté une cabale contre son prédécesseur comme c’est le cas entre le nouveau régime et Macky Sall. Il se trouve également que le Sénégal qui a longtemps été une vitrine diplomatique, voit son image de plus en plus ternie par l’amateurisme qui caractérise le duo Diomaye-Sonko. Les dernières images devenues virales, montrant le président Diomaye à la tribune des Nations Unies, sans discours et incapable d’improviser un speech sont assez révélatrices.
L’ancien ministre raconte également une scène survenue lors d’un sommet africain sur le climat, à Addis-Abeba. « Quand j’étais ministre de l’Environnement, j’ai croisé Macky Sall trois ou quatre fois dans des sommets internationaux. Il gêne parfois les services diplomatiques d’autres pays. À Addis, par exemple, chaque État a son fauteuil en première ligne, avec le nom du pays inscrit devant. J’occupais celui du Sénégal. Mais les services protocolaires étaient embarrassés par la présence simultanée de Macky Sall et du ministre représentant officiellement le pays ».
Selon lui, l’ambassadeur du Sénégal avait dû clarifier la situation : « Il a rappelé que la question ne se posait même pas : c’est le ministre de l’Environnement qui représente le Sénégal ». Résultat : « Les services ont été contraints de conduire Macky Sall dans une salle annexe ».
Et M. Ngom d’ajouter : « Tout cela montre qu’il doit retrouver une certaine élégance républicaine. Il doit cesser de se balader de sommet en sommet, car sa présence crée parfois un malaise diplomatique ».
Tout compte fait, c’est de bonne guerre que l’ancien président de la République Macky Sall agit sur la scène internationale. C’est à se demander même si la communauté internationale ne le préfère pas à Diomaye et Sonko…