Nations-Unies: Pourquoi Macky Sall pourrait être le candidat du consensus pour le P5…

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Le premier straw poll semble révéler deux dynamiques fortes. Notamment la volonté de voir enfin une femme diriger l’ONU et le poids du principe tacite de rotation régionale, qui favoriserait cette fois l’Amérique latine et les Caraïbes. Quoique légitimes, mais aspirations risquent de devenir secondaires lorsque débutera la véritable négociation. Celle des membres permanents du Conseil de sécurité. Car le futur SG ne sera pas seulement choisi pour ce qu’il représente. Il sera surtout choisi pour ce qu’il est capable de faire.

 

L’ONU traverse aujourd’hui une crise existentielle : paralysie du Conseil de sécurité, multiplication des conflits, rivalité sino-américaine, fracture entre l’Occident et le Sud global, affaiblissement du multilatéralisme et perte progressive de crédibilité.

Dans un tel contexte, le choix du prochain SG ne peut pas se réduire à une logique symbolique de genre ou de rotation géographique.

La véritable question sera la suivante :
Quel candidat peut dialoguer directement avec Washington, Pékin, Moscou, Paris et Londres, sans être perçu comme l’instrument d’un camp ?

Est-ce seulement un fonctionnaire international maîtrisant parfaitement les arcanes de l’ONU ?
Ou faut-il désormais un véritable homme d’État, doté d’une expérience exécutive, capable de comprendre les rapports de force, de négocier avec les dirigeants les plus puissants et de gérer les crises dans toute leur complexité politique ?

C’est précisément sous cet angle que le profil de Macky Sall peut devenir particulièrement pertinent.

Ancien chef d’État pendant douze ans, ancien Premier ministre, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien président en exercice de l’Union africaine, il connaît les négociations internationales non seulement du point de vue de ceux qui les préparent, mais surtout de ceux qui doivent trancher. Il a dialogué avec les principales puissances mondiales, porté la voix de l’Afrique dans les grandes enceintes internationales et acquis une connaissance directe des enjeux liés à la sécurité, au développement, à la dette, à l’énergie et à la réforme de la gouvernance mondiale.

Son véritable avantage pourrait ne pas être d’être aujourd’hui le premier choix de chacun des membres permanents. Il pourrait être de ne constituer le choix absolument inacceptable d’aucun d’entre eux.

Or, à l’ONU, c’est souvent ainsi que naissent les candidatures de consensus.

Le résultat de Macky Sall au premier straw poll ( 6 « Encourage », 7 « Discourage » et 2 « Sans opinion » ) n’est certes pas favorable. Il serait malhonnête de le nier.

Mais le chiffre brut ne dit pas encore l’essentiel.
La question déterminante est de savoir si certains de ces votes négatifs proviennent du P5. Tant que les bulletins différenciés n’ont pas révélé les éventuelles oppositions des membres permanents, aucune candidature ne peut être considérée comme définitivement favorite ou éliminée.

Dans cette hypothèse, le Conseil pourrait chercher un profil différent : un ancien chef d’État expérimenté, issu du Sud global, suffisamment crédible auprès de l’Occident, mais également capable de dialoguer avec la Chine et la Russie.

Macky Sall pourrait alors apparaître non plus comme le candidat africain arrivé cinquième au premier tour, mais comme l’homme du compromis lorsque les autres options auront rencontré leurs limites.

L’ONU ne peut plus se permettre de choisir uniquement un symbole. Elle doit choisir une capacité d’action.

Même si Macky Sall n’est peut-être pas aujourd’hui le favori du premier straw poll. Mais il pourrait devenir le candidat du consensus final.