Mise en accusation de Macky Sall: Un pari trop risqué pour le pouvoir Diomaye-Sonko

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Alors qu’il avait promis l’abrogation de la loi d’amnistie afin de rendre justice aux victimes des violences politiques entre 2021 et 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko voit aujourd’hui son propre camp ouvrir un nouveau front. Des députés du Pastef souhaitent en effet engager une procédure de mise en accusation contre l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de justice.
Une initiative à la fois politique et potentiellement explosive.

 

Macky Sall dans le viseur du Pastef

Cette offensive parlementaire intervient à un moment où Macky Sall connaît un retour remarqué sur la scène internationale. L’ex-chef de l’État sénégalais multiplie les interventions diplomatiques et son nom revient avec insistance parmi les personnalités pressenties pour succéder à António Guterres à la tête des Nations unies.

Mais une procédure judiciaire lancée contre lui, même sans condamnation, pourrait ternir son image et freiner ses ambitions internationales.
Pour autant, l’Assemblée nationale, où le Pastef dispose d’une influence croissante, reste le principal théâtre de ce bras de fer politique.

L’obstacle de la loi d’amnistie

Sur le plan juridique, l’équation reste complexe. La loi d’amnistie votée sous Macky Sall couvre les faits liés aux violences politiques entre 2021 et 2024.
Tant que cette loi n’est pas abrogée, aucune poursuite judiciaire ne peut prospérer, qu’il s’agisse de partisans du régime d’hier ou des figures de l’opposition d’alors.
Autrement dit, le Sénégal ne peut pas mener un procès équitable sur ces événements sans remettre en cause le texte d’amnistie lui-même.

Sonko face à ses propres contradictions

Ousmane Sonko, qui a fait de la justice et de la transparence un pilier de son discours politique, se retrouve aujourd’hui dans une position délicate.
S’il veut tenir sa promesse de vérité et de justice, il devra faire abroger la loi d’amnistie, au risque de rouvrir de vieilles blessures politiques.
Mais en même temps, lui-même reste accusé, par une partie de l’opinion nationale et internationale, d’avoir incité les jeunes à descendre dans les rues lors des manifestations qui ont émaillé la période 2021-2023.

Dès lors, toute action judiciaire sélective pourrait être perçue comme un règlement de comptes politique, et non comme un acte de justice impartiale.

Entre justice et calcul politique

La mise en accusation de Macky Sall serait un signal fort, mais aussi un pari risqué pour le pouvoir actuel.
S’il veut crédibiliser son engagement en faveur de la justice, le gouvernement devra éviter toute instrumentalisation et garantir une procédure équitable pour toutes les parties.
Dans le cas contraire, cette initiative pourrait affaiblir l’image de l’État de droit et ternir la réputation du Sénégal comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.