Le Sénégal face aux bailleurs traditionnels: Le duo Diomaye-Sonko sans coudées franches

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L’avenir économique et social du Sénégal dans ce contexte difficile est incertain, même si plusieurs scénarios sont possibles en fonction des décisions politiques, des réformes structurelles et des dynamiques régionales et internationales. L’indifférence des bailleurs traditionnels par rapport au référentiel « Sénégal 2050 » a fini d’affecter la macro économie, plongeant le pays dans la stagnation.

 

Risque d’enlisement de la dette 

Pour renverser cette tendance, des défis immédiats sont à relever, comme la dépendance financière. Le Sénégal a longtemps compté sur les bailleurs traditionnels tels que le FMI, la Banque mondiale et l’Union Européenne pour financer ses projets d’infrastructures et ses programmes sociaux. Mais leur retrait ou leur réticence pourrait limiter ses capacités d’investissement public.

À l’inverse, si le gouvernement se tourne vers les marchés financiers, notamment les obligations et les prêts commerciaux, cela pourrait alourdir la dette publique et exposer le Sénégal à des risques de refinancement coûteux avec des taux d’intérêt très élevés.

Un « Projet » stagné 

Aujourd’hui, force est de constater la stagnation du projet « Sénégal 2050 » de par le ralentissement des activités économiques. Ce qui accroît le chômage, affectant la croissance surtout dans les secteurs comme l’énergie, les transports et l’agriculture.

Une situation inconfortable qui vient s’ajouter à la pression sociale avec l’oisiveté des jeunes, l’inflation en termes de cherté des prix des denrées alimentaires, du coût du carburant et du manque de perspectives. À terme, les difficultés des populations pourraient alimenter des tensions sociales, comme on l’a vu avec les mouvements de protestation récents.

Pour certains analystes, « l’optimisme est permis si toutefois le gouvernement tend vers une autonomie et des réformes ».

Mobilisation des ressources internes 

Il s’agira de procéder à une mobilisation des ressources internes par une meilleure collecte fiscale, une lutte accrue contre la corruption et une optimisation des dépenses publiques. Selon eux, « cette option pourrait compenser en partie le manque de financements extérieurs ».
Au chapitre des investissements alternatifs, le Sénégal pourrait aussi attirer des capitaux non traditionnels comme les fonds souverains, promouvoir les partenariats Sud-Sud et avec le secteur privé africain pour des projets miniers concernant l’or, le gaz, le phosphate ou bien même dans le domaine de l’agriculture.
Le Sénégal peut tout aussi compter sur le soutien régional comme c’est le cas avec le Mali et la Côte d’Ivoire, soit par le biais de la CEDEAO ou à travers des accords bilatéraux. Même si celà pourrait apaiser temporairement les tensions, mais ne suffira pas à long terme sans que des réformes profondes ne soient opérées.

D’autre part, le pessimisme peut être envisagé du fait d’une crise prolongée.
On parle de plus en plus de la restructuration de la dette, mais si les financements extérieurs manquent et que les recettes d’exportation du gaz et les recettes du tourisme entre autres, sont insuffisantes, le Sénégal pourrait faire face à une crise de la dette, comme l’a vécu récemment le Ghana.

Risque d’un isolement diplomatique 

En outre, le gouvernement Diomaye-Sonko court le risque d’un isolement diplomatique. En effet, le gouvernement actuel suit une ligne perçue comme anti-occidentale tout en ne trouvant pas de relais solides chez les BRICS ou les pays arabes. Ce qui lui complique davantage l’accès aux financements.

Malgré tout, il y’a des opportunités qui s’offrent au Sénégal avec le gaz et le pétrole. L’exploitation des champs de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim pourrait apporter des revenus à partir de 2024-2025, mais leur gestion transparente sera cruciale pour éviter la « malédiction des ressources ».
Par ailleurs, les secteurs de l’agriculture et de l’industrie locale peuvent amortir le choc. De l’avis de certains experts, une politique de substitution aux importations des produits de consommation courante pourrait réduire la dépendance et créer des emplois.
Ils laissent croire que « si Sonko et Diomaye Faye parviennent à mobiliser la population autour d’un projet de « souveraineté économique » comme l’a partiellement réussi le Rwanda, cela pourrait restaurer la confiance des investisseurs locaux ».

Quel lendemain pour le Sénégal ?

Il faut noter que les lendemains du Sénégal dépendront largement de la capacité du gouvernement à trouver des financements alternatifs sans alourdir la dette. Mais aussi, assurer une efficacité des réformes pour améliorer la gouvernance et le climat des affaires.
Au demeurant, la stabilité politique reste assujettie à la permanence d’un dialogue inclusif avec l’opposition et la société civile pour éviter des blocages. En tout état de cause, des mesures courageuses sont à prendre afin de pouvoir permettre au Sénégal de surmonter cette phase difficile et se repositionner comme un hub économique en Afrique de l’Ouest. Dans le cas contraire, le risque d’une stagnation économique et de troubles sociaux va persister.