Le Sénégal entre rupture et réformes: Fadel Guèye invite le nouveau Chef de l’Etat à instaurer un Conseil Islamique

0 470

Les sénégalais se sont rendus dimanche 24 mars, aux urnes pour élire un nouveau président de la République devant succéder au président sortant, Macky Sall, après douze (12) ans d’exercice du pouvoir. Les Sénégalais ont pu s’acquitter finalement de leur devoir civique après de multiples rebondissements qui ont déconcerté l’opinion publique nationale et internationale. Une occasion pour le journaliste Fadel Guèye, d’attirer l’attention de Son Excellence Bassirou Diomaye sur la nécessité d’intégrer dans son projet de réformes, un Conseil Islamique pour une meilleure prise en compte des affaires qui touchent la région musulmane.

 

 

Il faut rappeler que notre cher pays a vécu trois (3) années marquées par des troubles politiques et sociaux qui ont complètement changé son visage familier.

Maintenant que Son Excellence Bassirou Diomaye Faye est élu nouveau Président de la République, l’heure est au travail. Cependant, force est de reconnaitre qu’il devra faire face à des défis majeurs divers, ainsi qu’à des exigences qui ne peuvent pas attendre compte tenu des urgences.

La première des priorités demeure la réconciliation nationale entre sénégalais. Laquelle devra être entamée immédiatement, après la passation de service entre le nouveau président et son prédécesseur.

En effet, les tensions politiques que le pays a traversées ont créé des rancunes et déchiré les liens d’amitié et de respect qui existaient entre les différentes couches de la société.

Son Excellence M. le Président de la République doit d’abord panser les blessures, plaider le pardon et le dépassement, tout en invitant les adversaires politiques à renoncer à la haine et aux rancunes.

L’autre priorité que je considère également comme urgente, c’est l’obligation d’œuvrer à la réforme du système judiciaire sénégalais et restaurer la confiance entre la justice et les justiciables.

Les choses ne peuvent pas s’arranger tant qu’il y a ce doute sur l’indépendance de la Justice, et manque de confiance entre le citoyen et le pouvoir judiciaire.

Le Chef de l’Etat du Sénégal nouvellement élu est donc tenu de renforcer les institutions étatiques en s’abstenant de les manipuler pour asseoir une véritable séparation des pouvoirs. Car, comme on le sait, la corruption gangrène la plupart des systèmes politiques en Afrique.

Il faudra alors reconsidérer les rapports entre le ministère de la Justice et le procureur de la République, afin de faire en sorte que ce dernier ne puisse jamais jouer son rôle d’avocat de la société tant qu’il ne se libère pas de l’emprise du ministre de la Justice.

Nous espérons que Son Excellence Bassirou Diomaye Faye prendra en considération la nécessité de créer un conseil islamique suprême qui sera chargé de la supervision des affaires islamiques. Ce qui ne serait pas incompatible avec l’existence d’un ministère en charge des Affaires religieuses qui s’occupera lui, de toutes les religions.

Le Sénégal étant un pays peuplé à plus de 95% de musulmans, ne devrait pas se passer d’un Conseil islamique qui s’occupe de tout ce qui touche à la religion islamique et supervise les affaires des musulmans.

Le Président de la République doit comprendre que l’administration d’un Etat ne se limite plus à un chef et à ses collaborateurs directs. C’est parce que la gestion d’un pays requiert plutôt la sélection d’une équipe compétente, mature et consciente, composée essentiellement de compétences nationales diverses et distinguées.

Le Sénégal est sur le point de démarrer l’exploitation de ressources naturelles très importantes (gaz et pétrole notamment), nous espérons donc que leur exploitation puisse être guidée par une bonne expertise, le savoir-faire, la vigilance qu’elle mérite et une parfaite connaissance des exigences du marché.

Le chômage des jeunes et leurs mauvaises conditions d’existence sont des sujets de préoccupation majeure, de jour comme de nuit.

Les jeunes ont besoin de formation qualifiante et d’être encouragés à rester dans leur pays et à abandonner l’idée de prendre des risques en s’engageant sur des embarcations de fortune pour tenter l’émigration irrégulièrement, à leur risque et péril.

Surtout quand on sait que le Sénégal a de très bonnes terres agricoles qui, normalement, pourraient atténuer cette forte envie des jeunes à vouloir migrer vers des destinations incertaines.

Nos salutations et bénédictions vont au peuple sénégalais conscient, pour la maturité et l’intelligence politiques dont il a fait preuve, ce qui a sauvé notre pays du chaos.

Nous aspirons à ce que cette maturité et cette intelligence politiques puissent continuer, de sorte que nous puissions prouver à la face du monde que la démocratie est bien ancrée dans notre cher Sénégal.

 

Fadel Guèye, Journaliste