Gestion en ligne de l’APR: Quand Macky Sall copie la formule de Karim Wade…

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La scène est inédite, mais elle rassure plus d’un militant de l’Alliance pour la République (Apr) qui ont largement partagé la vidéo sur les réseaux sociaux : l’ancien ministre Abdoulaye Saydou Sow, au milieu d’une foule, pose le micro sur son téléphone. Au bout du fil, un certain Macky Sall qui appelle en direct pour galvaniser ses troupes, les appelant ainsi à la mobilisation.

C’était à l’occasion d’une rencontre politique qui s’est tenue, ce week-end, à Kaffrine en présence de grandes figures de l’Apr à savoir Farba Ngom, Amadou Mame Diop, entre autres. L’ex-chef de l’État sénégalais a quitté le pays le 2 avril, jour de sa passation du pouvoir avec son successeur Bassirou Diomaye Faye, Il a pris ses fonctions d’envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et les Planète (4P).
Quoi qu’il en soit, cet appel téléphonique présage une nouvelle forme de gestion de son parti à distance comme le fait pour le Parti démocratique sénégalais (PDS), Karim Meïssa Wade, depuis déjà quelques années déjà. Ainsi, en exil « forcé » depuis juin 2016, Wade-fils gère et manœuvre ses troupes en restant dans l’intimité des grattes ciels qataris. Une posture qui a d’ailleurs valu une cascade de départs d’anciens barons libéraux, qui ont dénoncé une « gestion clanique » de la formation bleue.
En tout cas, Karim Wade n’a pas hésité, par exemple, à ouvrir une chaîne  « WhatsApp » dédiée à la communication autour de sa candidature en perspective de la précédente présidentielle. Une innovation qui, selon ses inconditionnels, devrait lui permettre de mieux vulgariser les actualités liées à sa personne ainsi qu’à son parti, engageant ainsi des interactions directes avec ses partisans.
 En utilisant la plateforme WhatsApp, le candidat d’alors, qui se trouve à plus de 10 000 kilomètres de la capitale sénégalaise, cherchait à consolider sa présence médiatique et sa stratégie de ralliement politique.
Et c’est à travers ces mêmes communiqués, postés sur ses plateformes digitales, qu’il a mené « toutes les batailles » contre le rejet de sa candidature par le Conseil constitutionnel avant de déposer la plume, le 15 mars, jour où la Cour suprême a rejeté les demandes de suspension de décrets fixant la date de l’élection et la durée de la campagne. Une semaine plus tard, Karim, utilisant ce même mode opératoire, a annoncé son soutien au candidat de la coalition « Diomaye Président ». L’élection étant derrière nous, il récidive laissant encore planer tout un mystère autour de la date de son retour au Sénégal.
Pour Macky Sall, il avait clairement annoncé qu’il allait quitter le pays, bien avant même que la date de la présidentielle ne soit fixée. Mieux, avec ou pas de nouveau Président, il allait partir le 2 avril. « Si le prochain président n’est pas élu le 24 mars, je partirai de toute façon le 2 avril 2024. C’est la date limite et je n’ai pas l’intention de rester un jour de plus », confiait-il au média britannique, BBC.
Toutefois, depuis son départ, il n’a fait qu’une sortie politique, et c’était via une lettre adressée à ses militants, quand il précisant rester à la tête de l’Apr, parti qu’il a lui-même créé en 2008. Ce qui fait que sa récente sortie, par téléphone, constitue un signal fort lancé par celui qui est actuellement aux services du président français, Emmanuel Macron.
 Quand est-ce qu’il viendra pour prendre en main sa formation politique qui, il faut le dire, est minée par des querelles au niveau interne. L’Apr en survivra-t-il ? En attendant les « batailles du futur », auxquelles faisait allusion son ancien candidat, Amadou Ba, fortement contesté, Macky Sall est annoncé entre la France, les États-Unis et le Maroc.
Contrairement à l’ancien locataire du palais, la vie de Karim Wade au Qatar demeure nimbée de mystères. Tout au plus, croit-on savoir que le fils d’Abdoulaye Wade appartient à une équipe chargée de conseiller l’émirat en matière d’investissements ? Il serait ainsi devenu un interlocuteur privilégié dans le cadre des investissements réalisés dans plusieurs pays d’Afrique par le fonds souverain qatari.