Fin de l’hyper présidentialisme au Sénégal: Diomaye va instaurer un poste de vice-président

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La coalition « Diomaye Président », dirigée par le candidat Bassirou Diomaye Faye pour l’élection présidentielle du 24 mars, a présenté son programme politique hier à l’hôtel Radisson. Cet évènement, qui a eu lieu le samedi 9 mars 2024, a réuni militants, sympathisants et tous les membres de la coalition, malgré l’absence notable de Bassirou Diomaye Faye, actuellement en détention provisoire depuis près d’un an suite à ses critiques sur le fonctionnement de la justice sénégalaise et d’autres charges similaires à celles retenues contre le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko. Sonko a d’ailleurs choisi Faye pour représenter leur camp à la présidentielle, lui-même étant empêché de participer à cause de ses ennuis judiciaires.

 

Au cœur de l’annonce principale du programme de la coalition, il y a la proposition de supprimer le poste de Premier ministre et de créer celui de vice-président, qui serait élu en tandem avec le président de la République, sur le modèle des États-Unis. Cette modification majeure est justifiée par la coalition comme une réponse à ce qu’elle considère comme une crise et une dégradation des institutions sénégalaises au cours des douze dernières années.

Le texte du programme a vivement critiqué l’actuel système politique du Sénégal, en estimant que le : “pays a été fortement affecté ces 12 dernières années par une crise sans précédent des institutions. L’hyperprésidentialisme avec comme corollaire une mainmise de l’exécutif sur le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire est la principale tare de notre système politique. Nous avons assisté à une judiciarisation de l’espace politique par le Président de la République qui a fait de la justice un levier pour emprisonner et éliminer ses opposants des joutes électorales. La justice, qui devait être à l’avant-garde pour combattre la corruption, le détournement des deniers publics et le gaspillage de ressources de l’État, est aujourd’hui manipulée à des fins politiques. L’Administration sénégalaise, qui devait être exclusivement orientée vers la satisfaction des usagers, est aujourd’hui gangrenée par le népotisme, un manque d’efficacité et une politisation à outrance. Nous mettrons fin à cette situation dommageable pour l’économie, la paix et la stabilité du pays en initiant des réformes profondes de nos institutions”.

Après avoir expliqué argumenté, Ils ont ajouté qu’ils “instaurerons le poste de vice-président, élu en tandem avec le Président de la République et supprimerons le poste de premier ministre. Les prérogatives institutionnelles de chacune des deux têtes de l’exécutif seront clairement réparties”, marquant ainsi leur engagement à réformer en profondeur le système politique sénégalais en cas de victoire électorale.