« Dette cachée »: Un pari risqué pour le régime Sonko-Diomaye qui pourrait renforcer Macky Sall

0 225

 

Alors que les avocats de l’ancien président sénégalais Macky Sall séjournent à Dakar pour obtenir les rapports de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances et du cabinet Mazars, le débat sur la supposée “dette cachée” prend une tournure politique majeure. Si aucune preuve n’est finalement établie, la crédibilité du gouvernement pourrait en pâtir, au profit de l’ancien chef de l’État.

 

 

Les avocats de l’ancien président Macky Sall sont arrivés à Dakar dans le but de consulter les rapports officiels susceptibles de clarifier l’affaire dite de la “dette cachée”. Une démarche qui intervient après l’expiration de l’ultimatum lancé par l’ex-chef de l’État, resté sans réponse concrète de la part du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko.

Une accusation qui engage la crédibilité du pouvoir

En accusant l’ancien président d’avoir laissé une “dette cachée”, le Premier ministre Ousmane Sonko a placé la barre très haut sur le terrain de la transparence. Mais jusqu’ici, aucune preuve tangible n’a été produite. Une telle situation pourrait fragiliser l’image du gouvernement, notamment auprès des partenaires économiques et des citoyens qui attendent des preuves concrètes plutôt que des déclarations politiques.

“Si cette affaire ne repose sur aucun fondement, le gouvernement risque d’être perçu comme cherchant à diaboliser son prédécesseur pour détourner l’attention des véritables urgences du pays”, estime un analyste politique contacté par Midiactu.

Des conséquences politiques majeures

Un éventuel désaveu sur cette question pourrait entraîner l’affaiblissement de la crédibilité du gouvernement Sonko-Diomaye sur la scène nationale et internationale. Mais aussi, il va contribuer à alimenter le discours de victimisation du camp Macky Sall, créant un malaise institutionnel autour de la gestion de la dette publique.

Une opportunité de réhabilitation pour Macky Sall

Dans le cas où les rapports officiels de la Cour des comptes, de l’IGF et du cabinet Mazars  confirment l’absence de dette cachée, Macky Sall sortirait politiquement renforcé. Il pourrait apparaître comme un dirigeant injustement accusé, consolidant ainsi son image d’homme d’État respecté. Sur le plan international, cette réhabilitation viendrait renforcer sa crédibilité auprès des institutions financières et des partenaires du Sénégal.

Ses partisans, eux, n’hésiteraient pas à s’en servir pour dénoncer ce qu’ils présenteraient comme une “instrumentalisation politique” du dossier par l’actuel pouvoir.

Un dossier explosif à double tranchant

Le débat sur la “dette cachée” illustre combien la politique sénégalaise reste dominée par la guerre des récits. Si les accusations s’avèrent infondées, le régime Sonko-Diomaye devra faire face à un revers politique cinglant, tandis que Macky Sall pourrait en tirer un bénéfice d’image considérable à tous les niveaux.