Contrôle des parrainages: Gadio dit avoir décelé des pratiques indignes du Sénégal

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« C’est un fiasco », c’est l’impression de Cheikh Tidiane Gadio sur le contrôle des parrainages. Le candidat recalé à la Présidentielle de 2024, qui juge que les 7 sages ont été injustes envers lui, a fait part des failles du système. Il était l’invité, ce dimanche 28 janvier 2024, de l’émission JDD sur Iradio.

 

 

« Nous ne sommes pas recalés, mais spoliés ! »

« Le mot recalé, dans l’étymologie du dictionnaire Robert, c’est quelqu’un qui a échoué. D’accord. Mais nous, on a réussi. Et des gens ont décidé de faire ce qu’ils ont fait, qui est absolument abominable et indigne. Donc nous sommes spoliés. On n’a pas échoué, on a réussi. Mais pas en officiel… Je vous donne un exemple très simple. Sur mes 58 000 et poussières de parrainages réclamés, je n’avais pas le nom de famille Tine une seule fois. Pas une seule fois. Mais aujourd’hui, dans le document que le Conseil constitutionnel m’a rendu, avec ses observations, j’ai plus de 700 personnes qui ont un nom de famille Tine », a remarqué le Président du mouvement panafricain et citoyen « Luy Jot Jotna ».

Qui poursuit : « Mais ça, c’est de la manipulation. Et je mets au défi, aussi bien le Conseil constitutionnel, que tous les citoyens sénégalais qui veulent vérifier la véracité de mes propos, de passer à notre siège. Nous lui donnons le document original que nous avons remis au Conseil constitutionnel et nous lui ouvrons notre ordinateur, notre Excel, et lui demandons d’aller chercher un seul nom Tine. Il n’y en a pas ».

Les bizarreries du parrainage

D’après Cheikh Tidiane Gadio, le plus cocasse, son propre fils, qui a bien entendu un nom de famille Gadio, s’est retrouvé Tine. « Il a été exclu de mes parrains. Il y a eu un fiasco du parrainage et de son contrôle particulièrement. Nous avons besoin d’un filtre. On ne peut pas aller aux élections avec 200 candidats. Même avec 20 candidats, je trouve que c’est excessif. C’est un fiasco, mais cela n’autorise pas certaines personnes assermentées, en qui nous avons naturellement et obligatoirement confiance, à faire ça. Sinon, il n’y a pas d’État. Il n’y a pas de République », a-t-il regretté.

 

Doute persistant sur la fiabilité des clés USB

« Ce qui m’a attristé, c’est de voir le Conseil constitutionnel se prononcer sur la question des clés USB. Parce que ces clés ont créé beaucoup de problèmes. Mais c’est naturel… Ils ont les informaticiens. S’ils discutaient avec les vrais informaticiens, ils leur auraient dit que l’instrument le moins fiable dans le domaine informatique aujourd’hui, c’est la clé USB. Pourquoi ? Les vrais informaticiens disent que quand vous entrez une clé USB dans une machine, il y a des clés qui sont formatées pour laisser tout ce qu’elles ont amené dans cette machine et prendre tout ce qu’elles ont trouvé dans cette machine. Les clés USB ne sont pas fiables en général… Les informaticiens ne travaillent pas avec ça. Donc nous au Sénégal, on nous impose des clés USB, remises par le ministère de l’Intérieur, et on ne peut travailler qu’avec ces clés », explique-t-il.

« Plus grave maintenant, souligne M. Gadio, ils imposent le système Excel. Demandez encore une fois aux vrais informaticiens qu’est-ce qu’ils pensent du système Excel. Un ami dit, chaque informaticien compétent dira que l’application Excel, c’est le couteau suisse du système informatique. C’est-à-dire, il coupe tout. Il peut tout faire. Pour conclure, je dirais que le contrôle du parrainage… a été injuste avec moi. J’ai trouvé des choses pratiquement indignes du Sénégal. Je trouve que c’est un fiasco. Il n’y a pas un autre nom. C’est un fiasco ».