Code du travail et sécurité sociale: Les retraités craignent pour l’IPRES et menacent d’aller en grève

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« Si on permet aujourd’hui à l’État de pouvoir nommer le DG de l’IPRES ou de le dégommer, donc on ne voit plus la responsabilité du conseil d’administration ». Les associations nationales de retraités du Sénégal s’opposent aux nouvelles dispositions du Code du travail et du Code de la sécurité sociale, adoptées par l’Assemblée nationale le 18 août 2026 par 129 voix pour et 4 abstentions.

 

Réunis à Dakar avec le Front syndical pour la défense du travail au Sénégal, leurs représentants ont adopté une résolution en faveur d’un renforcement de la mobilisation. Ils estiment que les nouveaux textes fragilisent les acquis des travailleurs et des retraités, ainsi que l’autonomie de gestion de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal.

Le compte rendu relayé par Abidjantv indique que la rencontre était présidée par Mody Guiro, premier vice-président du Conseil d’administration de l’IPRES, secrétaire général de la CNTS et membre du Conseil d’administration du BIT.

La gouvernance de l’IPRES contestée

Les organisations redoutent que le nouveau cadre juridique accroisse l’influence de l’État sur la nomination et la révocation du directeur général de l’institution. Elles considèrent qu’une telle évolution remettrait en cause l’autonomie de gestion acquise au cours des années 1990, après des réformes menées sous le magistère syndical de feu Madia Diop.

Les participants ont également évoqué la crise de 1991. Selon eux, l’intervention directe de l’État dans la gestion de l’IPRES et des prélèvements opérés dans les caisses pour financer la campagne agricole avaient contribué à affaiblir l’institution et à provoquer une cessation de paiement.

Les retraités soutiennent que les dettes de l’État envers l’IPRES dépassent actuellement 100 milliards de francs CFA. Ils jugent cette situation incompatible avec la garantie durable des pensions et de la protection sociale.

Des textes adoptés malgré les contestations

Le Front syndical pour la défense du travail, qui regroupe 12 centrales syndicales, dénonce une rupture de la concertation avec les partenaires sociaux et un vote des nouveaux codes effectué en « forcing ». Il avait réclamé l’arrêt de leur examen à l’Assemblée nationale, estimant que les projets avaient été transmis sans relecture préalable par les centrales syndicales, alors qu’ils avaient été discutés au sein du Conseil consultatif du Travail et de la Sécurité sociale.

Le nouveau Code du travail introduit notamment le télétravail, assouplit le renouvellement des contrats à durée déterminée, renforce la protection de la maternité et supprime la conciliation préalable. Le Front syndical maintient toutefois son opposition à la durée maximale de quatre ans prévue pour les CDD, qu’il souhaite limiter à deux ans, ainsi qu’à la suppression du collège des représentants dans le Code de la sécurité sociale.

Une mobilisation annoncée

La mobilisation des retraités doit notamment passer par une demande d’audience au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, une saisine du Bureau international du Travail et une grève générale de 72 heures annoncée par Mody Guiro. Cette action prolongerait la grève de 24 heures observée le 10 juillet dernier.

Les organisations prévoient aussi des marches sur l’ensemble du territoire national et des réunions d’information avec les délégués syndicaux dans les entreprises. Le Front syndical entend ainsi contester les conséquences sociales et institutionnelles des nouveaux codes, au-delà de la seule gouvernance de l’IPRES.

La résolution a été adoptée en présence de représentants venus des 14 régions du Sénégal et d’associations telles que l’ARS, l’AGARR, l’ATIR, l’ARVOS, l’ARIVPAPE, l’UNARSEN et l’ANARS.