Présidence de la République: Cheikh Oumar Diagne revient sur les circonstances de son limogeage

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Invité ce dimanche de l’émission Jury du Dimanche sur iTV, l’ancien directeur des Moyens généraux de la Présidence et président du Rassemblement pour la Vérité (RV), Cheikh Oumar Diagne, est sorti de sa réserve. Entre mise au point sur les polémiques relatives à la mosquée du Palais ou aux tirailleurs sénégalais, dénonciation des « rentiers de la division » qui chercheraient à fragiliser le duo Diomaye-Sonko et retour sur les exigences du pouvoir, l’ancien collaborateur du chef de l’État livre une radiographie sans concession des coulisses de l’alternance.

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Son départ de la Présidence n’a visiblement pas mis fin à son intérêt pour les affaires de l’État. Ancien directeur des Moyens généraux (DMG) de la Présidence de la République, Cheikh Oumar Diagne garde un regard attentif sur l’évolution du régime issu de l’alternance de mars 2024. Invité du Jury du Dimanche sur iTV, le président du Rassemblement pour la Vérité (RV) est revenu sur son parcours au sein de l’appareil d’État, mais aussi sur les polémiques qui ont marqué son passage au Palais. Figure ayant pris part à la dynamique politique qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême, il revendique son engagement initial aux côtés du président de la République et du Premier ministre Ousmane Sonko. Un compagnonnage politique fondé, selon sa lecture, sur des convictions souverainistes communes. Mais entre les ambitions affichées avant l’accession au pouvoir et les réalités de la gestion de l’État, le chemin n’a pas été exempt de difficultés.

​Ces initiatives qui l’ont stigmatisé au Palais

​Durant son passage à la Présidence, plusieurs de ses positions ont suscité de vives réactions dans l’opinion publique. Parmi les sujets les plus commentés figure notamment sa proposition relative à l’installation d’une mosquée au Palais présidentiel. Une initiative qui avait alimenté des interrogations sur la place de la religion dans les institutions et sur le principe de laïcité. Sur cette question, Cheikh Oumar Diagne entend replacer sa démarche dans son contexte. Il récuse les interprétations qui lui ont été attribuées et défend une initiative qu’il présente davantage comme une réponse à des considérations pratiques et sécuritaires que comme une volonté de modifier la nature laïque de l’État.

​Autre sujet ayant provoqué une vive polémique : sa lecture de l’histoire des tirailleurs sénégalais. Ses déclarations sur ces soldats ayant servi dans l’armée coloniale avaient suscité de nombreuses critiques. Cheikh Oumar Diagne distingue, dans son approche, la reconnaissance des drames subis par les tirailleurs, notamment le massacre de Thiaroye, de l’appréciation historique de leur engagement sous le commandement de la puissance coloniale. Il considère que les grandes figures de la résistance à la conquête coloniale doivent également occuper une place centrale dans le récit historique national. Il cite notamment Lat Dior et Alboury Ndiaye, qu’il présente comme les véritables symboles de la résistance face à la domination étrangère. Ces différentes controverses ont contribué à placer son nom au cœur de plusieurs débats. L’ancien collaborateur du chef de l’État estime toutefois que certaines de ses positions ont été sorties de leur contexte ou déformées dans un climat politique où les rivalités et les calculs d’intérêts prennent parfois le dessus sur le débat de fond.

Le procès des rentiers de la division entre ​Diomaye-Sonko 

​L’autre séquence importante de son intervention concerne les rapports entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Alors que les interrogations sur la solidité de leur compagnonnage alimentent régulièrement les discussions politiques, Cheikh Oumar Diagne refuse de réduire la situation à un simple conflit entre deux hommes. Le président du RV attire plutôt l’attention sur le rôle de certains acteurs qu’il qualifie de « rentiers de la division ». Selon son analyse, des personnalités politiques et médiatiques auraient intérêt à entretenir les divergences au sommet de l’État et à amplifier les signes de désaccord entre le président de la République et son Premier ministre.

​Derrière les commentaires et les interprétations sur les relations entre les deux têtes de l’exécutif, il voit ainsi des manœuvres d’acteurs qui cherchent à tirer profit d’une éventuelle rupture. Une situation qu’il juge préoccupante, dans la mesure où elle risque de détourner l’attention des autorités des urgences économiques et sociales. Pour Cheikh Oumar Diagne, les tensions politiques ne doivent pas faire oublier les engagements pris devant le peuple sénégalais. La priorité reste, à ses yeux, la concrétisation des orientations qui ont justifié l’alternance et nourri les attentes populaires.

​L’attente des sénégalais au delà des controverses politiques 

​Désormais engagé dans la redynamisation de sa formation politique, Cheikh Oumar Diagne entend poursuivre son parcours en dehors des responsabilités qu’il a exercées au Palais. Son témoignage met en lumière les difficultés d’un compagnonnage politique confronté aux exigences de l’exercice du pouvoir. Entre les controverses personnelles, les divergences d’approche et les interrogations sur la cohésion de l’exécutif, l’ancien directeur des Moyens généraux pose une question plus large : celle de la fidélité aux engagements qui ont rendu possible l’alternance. Au-delà des relations entre les acteurs du pouvoir, c’est surtout la capacité du régime à traduire ses promesses en résultats concrets qui reste attendue par les Sénégalais.