Hausse des prix du carburant: El Hadji Mbaye Niang met le Gouvernement face à ses responsabilités

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Le débat sur le prix des carburants au Sénégal est loin d’être clos. Dans un communiqué consacré à l’évolution des prix de l’essence et du gasoil, El Hadji Mbaye Niang, économiste, conseiller municipal aux Parcelles Assainies et président du mouvement Forces Doxal Ci Deug, analyse les avantages et les inconvénients de l’ajustement intervenu le 15 août 2026. Pour lui, si la mesure peut contribuer à alléger la pression sur les finances publiques, elle comporte également des risques importants pour le pouvoir d’achat des ménages.

 

Une hausse dictée par la pression sur les finances publiques

Après une baisse des prix des carburants intervenue en décembre 2025, le gouvernement sénégalais a procédé, le 15 août 2026, à un nouvel ajustement tarifaire.
Le prix du litre de supercarburant est ainsi passé de 920 à 990 francs CFA, soit une hausse de 70 francs, tandis que celui du gasoil est passé de 680 à 755 francs CFA, soit une augmentation de 75 francs.
Selon l’analyse d’El Hadji Mbaye Niang, cette décision s’inscrit principalement dans un contexte marqué par la hausse des cours internationaux du pétrole et l’augmentation du coût des subventions supportées par l’État.
L’économiste souligne que les subventions aux carburants représentent une charge considérable pour les finances publiques. Il indique que plus de 245 milliards de francs CFA avaient déjà été consacrés à ces subventions depuis le début de l’année 2026, alors que le montant prévu dans le budget était de 250 milliards de francs CFA.
Sans ajustement des prix, la facture annuelle aurait pu, selon son analyse, atteindre 1 069 milliards de francs CFA.

Des ressources qui pourraient être réorientées

Pour El Hadji Mbaye Niang, l’un des principaux avantages de l’ajustement est donc de permettre à l’État de réduire la pression exercée par les subventions.
Les économies ainsi réalisées pourraient, selon lui, être réorientées vers d’autres secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture ou encore les dispositifs d’accompagnement des ménages vulnérables.
« Les sommes consacrées aux subventions représentent autant de ressources qui pourraient être utilisées pour l’école, la santé, l’agriculture ou encore l’aide aux ménages les plus vulnérables », relève-t-il dans son analyse.
L’ancien conseiller municipal estime également que l’ajustement rapproche progressivement les prix à la pompe du coût réel des carburants. Malgré la hausse, l’État continue de prendre en charge une partie du coût, puisque le prix théorique du supercarburant serait de 1 019 francs CFA le litre, contre 1 044 francs CFA pour le gasoil.
Il estime ainsi que la mesure permettrait d’alléger la charge des subventions d’environ 9,7 milliards de francs CFA par mois.

Une réserve sur les recettes fiscales de l’État

Mais l’économiste invite également à ne pas considérer la question des subventions isolément.
Il estime que l’analyse devrait davantage intégrer les taxes et autres recettes prélevées par l’État sur les carburants, lesquelles pourraient, selon lui, contribuer à compenser une partie des dépenses liées aux subventions.
Cette remarque ouvre un autre débat : celui du coût net réel de la politique de soutien aux prix des carburants pour les finances publiques.

Le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations

Si El Hadji Mbaye Niang reconnaît les arguments budgétaires qui peuvent justifier l’ajustement, il met surtout en garde contre ses conséquences sociales.
La hausse du prix de l’essence et du gasoil se répercute directement sur les automobilistes et les acteurs économiques dont les activités dépendent fortement du carburant. Pour les ménages, cela signifie mécaniquement une augmentation de certaines dépenses.
Mais l’impact pourrait aller au-delà du simple coût du carburant.
Selon l’économiste, une augmentation du prix à la pompe est susceptible d’entraîner une hausse des coûts du transport et de la distribution des marchandises. Cette situation pourrait ensuite se répercuter sur les prix de certains biens et services et contribuer à une augmentation générale du coût de la vie.

Les ménages modestes davantage exposés

El Hadji Mbaye Niang insiste particulièrement sur la vulnérabilité des ménages à faibles revenus.
Pour ces derniers, une augmentation des dépenses liées au transport, à l’alimentation ou aux activités économiques peut rapidement peser sur un budget déjà contraint.
Il relève toutefois que l’État entend maintenir et renforcer les mécanismes de protection sociale, notamment la Bourse nationale de Sécurité familiale et les différents dispositifs destinés aux couches défavorisées.
Pour lui, ces mesures d’accompagnement sont essentielles pour éviter que l’ajustement des prix ne pèse disproportionnellement sur les populations les plus fragiles.

Entre équilibre budgétaire et protection sociale

Au terme de son analyse, El Hadji Mbaye Niang considère que la question des carburants ne peut être réduite à une simple opposition entre hausse et baisse des prix.
Le véritable défi, selon lui, consiste à trouver un équilibre entre la soutenabilité des finances publiques et la préservation du pouvoir d’achat des Sénégalais.
D’un côté, le maintien de subventions trop importantes peut fragiliser les finances publiques et réduire les marges de manœuvre de l’État pour financer d’autres priorités. De l’autre, une hausse trop brutale des prix peut accentuer les difficultés des ménages et alimenter la pression sur le coût de la vie.
L’économiste appelle ainsi à une approche qui combine ajustement progressif des prix, transparence sur les coûts et les recettes fiscales, et renforcement des mécanismes de protection sociale.
À travers cette analyse, le président de Forces Doxal Ci Deug entend surtout replacer la question des carburants dans un débat plus large sur les choix économiques du Sénégal et sur la nécessité de concilier rigueur budgétaire et justice sociale.

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