Mission du FMI à Dakar: Cheikh Diba et Abdourahmane Sarr s’investissent pour un nouvel accord
Une mission du Fonds monétaire international séjourne à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026 pour discuter d’un nouvel arrangement financier avec les autorités sénégalaises. Conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, l’équipe du Fonds dispose de deux semaines pour approfondir les échanges engagés lors de précédentes rencontres. Les discussions portent notamment sur les politiques et les réformes susceptibles d’être soutenues par un nouveau programme.
Le Trésor, les finances publiques et les subventions au menu
La mission du FMI à Dakar doit permettre d’avancer sur plusieurs volets : la couverture des besoins de financement du Trésor, l’évolution des finances publiques et la restructuration des subventions. Le FMI indique que l’objectif est de converger vers un accord sur les politiques et réformes pouvant bénéficier d’un nouvel appui financier.
Selon Capmad, la durée annoncée est supérieure à celle de la visite de juin, qui avait duré cinq jours. Elle intervient après près de vingt-deux mois sans nouveau programme formel entre Dakar et l’institution.
Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, porte cette séquence pour le gouvernement. Nommé au début du mois de juin 2026, il avait auparavant dirigé la programmation budgétaire et assuré la coordination du précédent programme économique et financier avec le FMI en qualité de conseiller technique.
Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2026, il avait défendu une trajectoire destinée à contenir le déficit et à poursuivre l’apurement des arriérés intérieurs. Fin juin, devant l’Assemblée nationale, il a également présenté le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle 2027-2029, consacré à la consolidation des finances publiques et à la mobilisation des ressources internes.
L’UEMOA et la BCEAO: Les considérations régionales à l’ordre du jour
Abdourahmane Sarr, ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, a dirigé ce portefeuille de 2024 à 2026. Cet économiste a travaillé pendant une quinzaine d’années au FMI à Washington sur les questions monétaires. Lors de la passation de service du 4 juin 2026, il a insisté sur la continuité de la doctrine économique et sur l’exécution des réformes liées à la rationalisation des dépenses et à la transparence budgétaire.
Les échanges s’inscrivent aussi dans le cadre régional de l’UEMOA et du rôle de la BCEAO en matière de politique monétaire et de stabilité financière. Ahmadou Al Aminou Lo Touré est présenté avec la BCEAO comme un garant régional de cette stabilité.
Poursuite des concertations autour des subventions
Le dossier comporte enfin un volet consacré aux subventions à l’énergie. Dans un rapport sur le Sénégal, le FMI avait préconisé une réduction progressive des subventions énergétiques non ciblées, avec l’objectif de les ramener à environ 1 % du PIB en 2024. Le Fonds avait aussi demandé de réduire les dépenses fiscales d’au moins 100 milliards de francs CFA par an à partir de 2024.
À la mi-août 2026, le gouvernement a annoncé une hausse des prix des carburants. Le supercarburant est passé à 990 francs CFA le litre et le gasoil à 755 francs CFA, une décision reliée à la maîtrise du coût budgétaire des subventions. Les autorités ont indiqué que, sans cet ajustement, les soutiens cumulés auraient atteint près de 47,27 milliards de francs CFA.