Ville de Dakar: Momar Ndiaye pointe du doigt la vision trop limitée du maire
La comme des Parcelles Assainies a abrité une grande cérémonie de remise d’attestations à l’initiative de M. Momar Ndiaye, président du parti And Samm Réwmi (ANSAR). Dans le cadre de sa politique de formalisation des couches vulnérables, une quarantaine d’attestations a été remises aux organisations des Badianou Gox, aux artisans, marchands ambulants et femmes veuves. Une occasion toute trouvée pour le Directeur de l’Urbanisme et de la Restructuration pour interpeller l’actuel maire de Dakar sur les véritables défis à relever pour les populations dakaroises.
La salle du Centre socioculturel Demba Dia des Parcelles Assainies a refusé du monde, ce jeudi 13 août 2026, à l’occasion de la cérémonie de remise d’attestations aux membres de plusieurs coopératives regroupant notamment des Badianou Gox, des artisans et des marchands ambulants.
Au total, 40 attestations ont été remises aux bénéficiaires dans le cadre d’un programme initié depuis 2025 par le président du parti And Samm Réwmi (ANSAR), Momar Ndiaye, avec pour ambition d’améliorer les conditions de vie des couches vulnérables et de favoriser leur accès au logement.
Pour le leader de l’ANSAR, cette cérémonie constitue une nouvelle étape d’un processus déjà engagé. « La cérémonie de remise d’attestations s’inscrit dans la continuité d’un travail déjà entamé », a-t-il expliqué.

Quarante coopératives d’habitat déjà opérationnelles
Selon Momar Ndiaye, une quarantaine de coopératives d’habitat ont déjà été constituées à Dakar et dans sa banlieue. Elles ciblent particulièrement les Badianou Gox, les femmes veuves, les artisans et les marchands ambulants, souvent confrontés à d’importantes difficultés pour accéder aux dispositifs classiques de logement social.
L’objectif, selon le président de l’ANSAR, est de permettre à ces catégories de sortir progressivement de l’informel et de bénéficier des mécanismes de l’habitat social à travers des cotisations adaptées à leurs revenus.
« Outre l’accès au logement, la mise en place des coopératives d’habitat permet aux couches vulnérables de sortir du cadre informel et de pouvoir bénéficier des avantages de l’habitat social avec des cotisations soutenables par rapport à leurs revenus et moyens », a déclaré Momar Ndiaye.
Il déplore par ailleurs que les précédents programmes de gouvernance aient, selon lui, insuffisamment pris en compte les réalités des catégories les plus fragiles.
« Les programmes de gouvernance précédents ne prenaient pas en compte les couches vulnérables. Alors qu’on leur exigeait un compte bancaire et un bulletin de salaire, la plupart des acteurs ne pouvaient répondre à ces critères », a-t-il regretté.
C’est précisément pour répondre à cette problématique que le leader de l’ANSAR dit avoir entrepris d’organiser ces acteurs autour de coopératives structurées.

La Ville de Dakar interpellée
Au-delà de la cérémonie, Momar Ndiaye a saisi l’occasion pour interpeller les collectivités territoriales, particulièrement la Ville de Dakar, sur leur responsabilité dans l’amélioration des conditions de vie des populations.
Pour lui, l’institution qui chapeaute les 19 communes de Dakar doit jouer pleinement son rôle dans l’impulsion du développement local et dans la recherche de solutions durables aux difficultés liées au logement, au foncier et à l’habitat.
Candidat déclaré à la commune des Parcelles Assainies et à la Ville de Dakar, Momar Ndiaye s’est également prononcé sur le profil des futurs responsables de la gouvernance locale.
À ses yeux, les électeurs doivent être particulièrement exigeants dans le choix des hommes et des femmes appelés à diriger les collectivités territoriales.
« La proximité avec la base, l’autorité municipale, l’expertise et la compétence doivent prévaloir sur les capacités d’un maire à mener un programme viable », a-t-il soutenu.
Une déclaration qui traduit, selon lui, la nécessité de placer la compétence et la connaissance des réalités locales au cœur des prochains choix électoraux.
Des milliers de ménages sans titre de propriété à Dakar
Dans son diagnostic de la situation dakaroise, le président de l’ANSAR a particulièrement insisté sur la question de la régularisation foncière.
Il estime que, dans 11 des 19 communes de Dakar, de nombreuses familles occupent leurs habitations sans disposer d’un titre de propriété régulier.
Momar Ndiaye avance le chiffre de 50 000 ménages concernés, représentant environ 400 000 habitants, une situation qui pose, selon lui, à la fois un problème social, économique et administratif.
Cette situation constituerait également, à ses yeux, une perte de recettes fiscales pour l’État, puisque les ménages concernés ne seraient pas en mesure de s’acquitter normalement de certaines taxes liées au foncier.
Autre préoccupation soulevée : l’impossibilité pour ces propriétaires ou occupants d’obtenir facilement des autorisations de construire. Une situation qui peut, selon lui, accroître les risques en matière de sécurité et de protection civile lorsque des habitations sont transformées ou réhabilitées sans contrôle suffisant.

Le manque de vision du maire de Dakar au centre des problématiques
Face à ces différents défis, Momar Ndiaye estime que la future gouvernance de Dakar doit aller bien au-delà des actions ponctuelles.
« L’action du maire de Dakar doit dépasser le “fondé à l’école” et porter sur une vision globale pouvant créer des structures intercommunales efficaces pour gérer les problématiques du loyer, du foncier et impulser le développement local », a-t-il déclaré.
À travers son programme de coopératives d’habitat et son plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en charge des problématiques foncières et sociales, le leader de l’ANSAR entend ainsi placer les couches vulnérables, le logement et la régularisation foncière au cœur du débat sur l’avenir de la gouvernance locale à Dakar.
La cérémonie de remise des 40 attestations apparaît dès lors comme une nouvelle illustration de cette orientation, à quelques mois des prochaines échéances locales.