Candidat au SG de l’ONU: Donald Trump en phase avec Macky Sall

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Dans un entretien exclusif accordé au média américain Breitbart News, Macky Sall, ancien président du Sénégal et candidat de premier plan à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies, a ouvertement apporté son soutien aux projets de réforme portés par le président américain Donald Trump. Adoptant une rhétorique calquée sur celle de la Maison-Blanche, l’ancien chef d’État africain a exprimé sa volonté de « Make the UN Great Again » (MUNGA) ou « Rendre à l’ONU sa grandeur ».

Fondé aux États-Unis, Breitbart News est un média numérique d’actualités et d’opinion politique conservateur américain. Reconnu pour son positionnement aligné sur la droite populiste et nationaliste, il constitue un canal de communication privilégié pour Donald Trump et ses partisans. C’est à ce média, par la voix du journaliste Matthew Boyle, que Macky Sall a choisi de livrer ses ambitions internationales.

 

À l’approche de l’élection au poste de secrétaire général de l’ONU, prévue en septembre prochain lors de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGA), Macky Sall tente de s’attirer les faveurs de Washington. L’ancien président sénégalais (2012-2024), dont la candidature bénéficie déjà du soutien de la France, cherche à s’assurer qu’il ne fera l’objet d’aucun veto de la part des membres permanents du Conseil de sécurité (les P5 : États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni).

S’adressant directement au locataire de la Maison-Blanche, Macky Sall a déclaré : « Mon premier message au président Trump est d’abord de le féliciter pour son action en faveur de la paix. C’est un bâtisseur de paix, même si nous avons parfois des difficultés aujourd’hui avec l’Iran. Ce qu’il a accompli en une année pour la paix dans le monde, à travers le globe, est immense, et il doit poursuivre ce processus pour s’imposer durablement comme un artisan de la paix. Le second message est que les États-Unis sont la première puissance mondiale aux côtés de l’ONU. Ils ont besoin de l’ONU, mais l’ONU doit aussi être réformée pour gagner en efficacité. Ensemble, avec les autres États membres, nous pouvons bâtir une meilleure ONU, ou faire du MUNGA nous pouvons Rendre à l’ONU sa grandeur ».

L’ancien président de l’Union africaine s’aligne pleinement sur la vision de l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, qui prône des coupes budgétaires massives et l’élimination des mandats redondants. Macky Sall estime que sa trajectoire politique en fait l’interlocuteur idéal pour l’administration américaine.

« Il est tout à fait possible, avec le soutien des États membres, de mener à bien cette réforme. J’en ai la capacité en tant que leader politique. Je saurai être un secrétaire général capable d.amener les grandes puissances à dialoguer. Car nous en avons besoin à l’ONU et sur ce point, je rejoins aujourd’hui la position américaine. Nous devons réformer l’ONU, nous devons optimiser cette réforme, nous devons éviter le chevauchement des mandats et faire preuve d’une plus grande rigueur budgétaire. Si les dirigeants cherchent quelqu’un capable d’être un secrétaire général très indépendant, apte à travailler en étroite collaboration diplomatique sans s’épancher continuellement dans la presse, mais en sachant s’adresser aux gens de la bonne manière, je pense être le meilleur partenaire possible pour les États-Unis. Bien sûr, je n’oublie pas que ce sont les États-Unis qui ont créé l’ONU après la Seconde Guerre mondiale, et j’estime que leur rôle est de continuer à exercer leur leadership au sein de cette organisation. Évidemment, il nous faut réformer, optimiser la gestion et réduire les coûts. Je suis convaincu que si j’obtiens le soutien des États-Unis, je pourrai travailler en très étroite collaboration avec eux et les réunir autour d’une table avec les autres partenaires particulièrement l’Europe, l’Asie, la Chine, la Russie et l’Afrique ».

Le ciblage des dysfonctionnements internes et des missions de paix

Critiquant la bureaucratie de l’institution, Macky Sall a fustigé l’accumulation de plus de 40 000 mandats depuis la création de l’ONU, sans évaluation ni suppression des programmes obsolètes. Il pointe notamment du doigt le gaspillage financier lié aux opérations de maintien de la paix.

« L’ONU est incapable d’interrompre certains mandats pour en faire l’évaluation, et éventuellement y mettre fin pour proposer autre chose », regrette-t-il, insistant sur le fait qu’il est « crucial » d’« éviter les doublons ». « Plusieurs agences au sein de l’ONU font la même chose  ou presque et elles ne travaillent pas forcément de la manière la plus adéquate. Nous pouvons éviter ces chevauchements de mandats, optimiser la gestion du personnel et examiner comment réaffecter certains agents dans des zones où le coût de la vie est moins élevé. C’est une réforme que je peux mener si je suis élu secrétaire général ».

Concernant l’Afrique, son constat est tout aussi direct : « Pour l’avoir vécu en Afrique, j’ai vu à quel point ces opérations de paix s’apparentent parfois à un gaspillage d’argent, sans aucune efficacité réelle. Nous pouvons redéfinir en profondeur la manière de mener ces missions, optimiser le budget et mettre l’accent sur la prévention pour éviter les crises. Cela exige de déployer une diplomatie de premier plan sur le terrain, bien avant le déclenchement des conflits ».

Pour réduire drastiquement les coûts de fonctionnement, le candidat propose des mesures radicales qui font écho aux projets républicains de réduction de l’État fédéral aux États-Unis, notamment la délocalisation de personnels vers des sièges moins onéreux et l’usage de l’intelligence artificielle.

« Concernant la réforme, je suis totalement d’accord sur le fait qu’il faut réduire les effectifs et le personnel. C’est d’ailleurs une dynamique qu’ils ont franchement amorcée. Ils ont commencé, et nous pouvons optimiser ce processus. C’est aussi lié à la manière dont les fonctionnaires sont rémunérés particulièrement à New York, qui est une ville extrêmement chère. Il est tout à fait envisageable de relocaliser une partie du personnel vers d’autres sièges de l’ONU, comme Nairobi ou Bangkok, et de s’appuyer sur l’IA pour optimiser les activités des Nations unies ».

Terrorisme et immigration irrégulière : l’appel à un combat global

Sur les questions sécuritaires et frontalières, thématiques centrales de l’administration Trump, Macky Sall invite l’ONU à durcir ses positions, notamment face aux politiques de frontières ouvertes et à l’immigration clandestine.

« Pour ce qui est du terrorisme, c’est une nécessité absolue. Je pense que l’ONU agit, mais pas assez — clairement pas assez. Mais cela relève aussi de la discipline des États membres. L’ONU doit s’imposer comme la première plateforme mondiale travaillant main dans la main avec les États membres, avec la mission claire et nette de lutter contre le terrorisme, particulièrement en Afrique et au Moyen-Orient, mais aussi partout ailleurs dans le monde. Deuxièmement, l’ONU doit être le cadre idéal pour endiguer le problème migratoire. S’attaquer à l’immigration, c’est aussi combattre la violence qui sévit dans les pays d’origine, car le terrorisme et l’insécurité poussent les populations vers les routes de la migration irrégulière. Nous devons trouver les moyens de maintenir les populations dans leurs pays en leur offrant des opportunités économiques et en transformant nos minerais et matières premières sur place. Cela permettra de créer des emplois, de générer de la valeur ajoutée pour ces nations et de retenir une jeunesse qui ne se tournera plus vers les filières clandestines pour rejoindre les États-Unis, l’Europe ou d’autres destinations. C’est un objectif réalisable si nous mettons les cartes sur la table. Dès lors, la lutte contre l’immigration illégale ne sera plus un combat mené de manière isolée. Ce sera un effort mondial, et nous saurons comment l’organiser. C’est un défi que nous pouvons relever ensemble ».

En conclusion, l’ancien Président a réitéré son souhait de voir Donald Trump maintenir le leadership américain au sein de l’organisation internationale : « Le président Trump peut, par son influence et de concert avec ses homologues, préserver cette plateforme universelle dont le monde a cruellement besoin. Nous devons être attentifs à ses préoccupations, car les États-Unis demeurent la première puissance mondiale. Il faut donc écouter ce qu’ils ont à dire. Nous pouvons travailler en toute transparence. Cela ne me pose aucun problème, et je travaillerai également avec les autres pays pour doter l’ONU d’un budget prévisible et transparent, assorti d’une réelle obligation de rendre des comptes. Nous devons savoir exactement comment l’argent est dépensé et où il va. Avons-nous un impact réel auprès des populations mondiales dans la lutte contre la faim, la maladie ou la guerre, et dans la construction de la paix et du développement ? Je pense que le président Trump doit conserver ce rôle de leader. C’est ainsi qu’il marquera de son empreinte non seulement les États-Unis, mais le monde entier ».