Sonko face à RFI et France 24: Mamoudou Ibra Kane décrypte la « nullité » d’un entretien

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Pour un face à face annoncé à grand renfort de publicité, L’ENTRETIEN SPÉCIAL de M. Ousmane Sonko avec RFI et France 24 n’a pas produit l’effet escompté. Sauf propagande outrancière pour vendre le contraire, comme on en a l’habitude avec les Pastéfiens, on est bien loin de « L’Interview du Siècle ». Le résultat de la prestation médiatique confirme à suffisance que le président de Pastef n’est pas à l’aise dans l’exercice de questions-réponses avec des journalistes rompus à la tâche ; d’où, le plus souvent, des déclarations de presse sans fin. C’est différent quand le même acteur politique joue sur un autre registre, celui du One-man-show. Seul sur la scène sans contradiction ni relance.

 

Toutefois, il y a un fait notable qu’il convient de souligner : l’ancien Premier ministre, devenu président de l’Assemblée nationale (en attendant la décision du Conseil constitutionnel), a affiché une sagesse inhabituelle sur certains sujets brûlants. C’est le cas lorsqu’il s’est exprimé sur la menace de « déchirure du pays ». Allusion au discours lui-même allusif du président Bassirou Diomaye Faye lors du centenaire de l’ancien président Abdoulaye Wade.

Pour le reste, l’on a eu droit à de puissants aveux d’impuissance et à de renversantes banalités.
Morceaux choisis :
– « Je n’avais pas les leviers » (dette) ;
– « Le Premier ministre n’a aucun pouvoir » (tout le contraire de ce qu’il a déclaré le 22 mai devant les députés juste avant son limogeage) ;
– « Mon bilan parle pour moi-même » (il ne cite cependant aucune réalisation). Un bilan pas du tout fameux aux yeux des Sénégalais.

Et ce n’est pas fini ! Répondant à une interrogation sur le match « Sénégal-France » de ce mardi, l’ex-PM lance sans ciller :
– « Quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique ». Donc, que quand le Sénégal a remporté la dernière « CAN » face au Maroc, « c’est (aussi) l’Afrique qui aura battu l’Afrique ». Et pourtant, le Premier ministre qu’il était ne s’était pas empêché de jubiler en mondovision pour célébrer l’équipe de Pape Thiaw et de casser la tirelire, sur décision du président de la République, pour récompenser les héros de Rabat. Avec les fonds politiques ?

Peut-être que, s’agissant des compétitions entre pays du continent, si on suit le raisonnement du souverainiste, « ce n’est pas l’Afrique qui (aura battu) l’Afrique » ; autrement dit, ce n’est pas nous dans nous. Drôle de logique. C’est à n’y rien comprendre !

Il y a enfin les omissions de l’Entretien spécial. Les deux journalistes français n’ont posé la moindre question sur l’intronisation contestée de leur interlocuteur à l’Assemblée nationale : ni sur la saisine du Conseil constitutionnel, encore moins sur la présumée rencontre révélée par Madiambal Diagne entre le leader de Pastef et le juge constitutionnel Cheikh Ndiaye. Simple oubli ou arrangement protocolaire ?
Il faudra repasser. Pour l’heure, c’est Madiambal qui a raison…