Élection du SG de l’ONU: Le 22 avril, la date fixée pour le grand oral de Macky Sall

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Macky Sall aborde une étape cruciale de sa campagne pour la succession d’António Guterres au poste de Secrétaire général des Nations unies. L’ancien président du Sénégal devra défendre son projet face aux États membres, dans un contexte marqué par l’absence de soutien de son propre pays et une concurrence internationale relevée.

 

 

L’ancien chef de l’État sénégalais passera son grand oral devant les instances onusiennes. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette audition se tiendra le mardi 22 avril prochain au siège de l’organisation à New York. Durant ce face-à-face prévu entre 15 heures et 18 heures, Macky Sall exposera sa vision et le financement de sa campagne devant la présidente de l’Assemblée générale et les représentants des 193 États membres.

Pour convaincre, le candidat s’appuiera sur son expérience à la tête de l’Union africaine et de la CEDEAO, ainsi que sur son rôle dans plusieurs initiatives mondiales sur le climat. Il bénéficie par ailleurs de la bienveillance de la France. Emmanuel Macron l’a d’ailleurs reçu à l’Élysée après le dépôt de son dossier. Toutefois, l’influence diplomatique de Paris fait face à un contexte géopolitique complexe, marqué par des divergences avec les États-Unis et la Russie, membres disposant du droit de veto au Conseil de sécurité.

Sur le plan national, la candidature se heurte à un blocage. Les nouvelles autorités de Dakar refusent d’apporter leur soutien, une position qui pèse sur les instances de l’Union africaine. Comme l’indique Sud Quotidien, certains acteurs de la société civile, dont le directeur de la section sénégalaise d’Amnesty International, accusent même l’ancien président de briguer ce mandat pour en faire un « refuge politique » face à d’éventuelles poursuites.

Ces réticences s’appuient sur le bilan de son second mandat. Ses détracteurs soulignent les violences politiques, les manifestations meurtrières et les avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire (GTDA) restés sans suite. Le report controversé de l’élection présidentielle de 2024 est également au centre des griefs. Sur le volet économique, la récente confirmation par le FMI d’une dette cachée évaluée à 7 milliards de dollars vient s’ajouter aux éléments pesant sur son dossier, au regard des critères de probité de l’institution.

La compétition pour la direction de l’ONU s’annonce particulièrement disputée. Macky Sall fera face à trois autres profils latino-américains ancrés dans le système onusien : Michelle Bachelet (ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme), Rebeca Grynspan (actuelle secrétaire générale de la CNUCED) et Rafael Mariano Grossi (directeur général de l’AIEA). La nomination officielle sera tranchée avant la fin de l’année 2026 par l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité.