Levée des exonérations fiscales: L’ancien DG de la Sococim met en garde le régime

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Invité de l’émission « Grand Jury » de la RFM, ce dimanche 12 avril 2026, l’ancien patron de la Sococim Youga Sow s’est prononcé sur la volonté du gouvernement, exprimée par le Premier ministre Ousmane Sonko, le 12 mars dernier, de lever certaines facilités fiscales contenues dans les contrats miniers et pétroliers.

 

S’il reconnaît la légitimité de l’État à réviser les conventions, l’ancien patron de la Société commerciale du ciment (SOCOCIM) appelle toutefois à la prudence.  « L’État est souverain, mais il faut préserver un équilibre pour ne pas casser la dynamique d’investissement » a-t-il indiqué.

Sur le cas spécifique des cimenteries, il estime que les avantages fiscaux ont un impact direct sur les prix et les consommateurs. « Les exonérations permettent de maintenir des prix bas. Sans elles, les prix augmenteraient mécaniquement », souligne-t-il.

Le directeur général du cabinet de stratégie d’affaires Advise Africa va plus loin en chiffrant leur effet économique. « On parle d’environ 100 milliards F CFA par an d’avantages qui, en réalité, se traduisent par des économies pour les consommateurs », relève Youga Sow.

Selon lui, une remise en cause brutale de ces dispositifs aurait des conséquences immédiates sur le marché. Car, il fait remarquer que le Sénégal a les prix de ciment les plus bas en Afrique.

« Si on retire ces exonérations, les industriels vont réduire leur production et les prix vont augmenter sous l’effet de la tension sur l’offre » prévient M. Sow.

Une levée des exonérations fiscales va provoquer, poursuit-il,  « un marché déjà sous pression et peut créer des pénuries relatives et des hausses spéculatives ». Pour lui, la question ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle fiscal. « Il faut éviter une approche purement fiscale. L’enjeu, c’est la stabilité du secteur et la protection du consommateur », plaide Youga Sow.

Ce dernier, ancien fonctionnaire du ministère des Mines milite pour une vision industrielle de long terme fondée sur la transformation locale. « La vraie solution, c’est de créer de la valeur ici, pas seulement de taxer les matières premières », conclut-il.