Face à ses anciens alliés: Le double défi de Barthélémy Dias à l’horizon 2027-2029

0 229

 

Écarté injustement de ses fonctions institutionnelles et désormais en rupture avec la coalition Yewwi Askan Wi, Barthélémy Dias qui était l’invité de l’émission « Faram Facce » de la TFM ce mercredi 1er avril, se projette déjà vers les échéances de 2027 et 2029. Mais dans un paysage politique dominé par Pastef, ses ambitions peuvent-elles réellement se concrétiser ? En tout état de cause, le concept du « Dokh Mbok » qu’il a initié dans un esprit de proximité porté ses fruits.

 

Une ambition intacte…

L’ambition de Dias reste intacte malgré les revers, et depuis son éviction de la mairie de Dakar et sa radiation de l’Assemblée nationale, il n’a pas renoncé à ses ambitions politiques. Bien au contraire, l’ancien édile de la capitale semble avoir engagé une nouvelle phase de son parcours. Notamment, celle d’un opposant déterminé à reconquérir le pouvoir par les urnes.
Avec un positionnement clair, il  incarne une alternative politique à la fois au régime en place et à ses anciens alliés. Une stratégie audacieuse qui intervient dans un contexte favorable. Au regard du bilan à mi-parcours jugé « négatif » par la majorité des sénégalais, réalisé par l’actuel régime au cours des deux années de gouvernance, l’optimisme est permis.

Un tournant décisif !

La séparation avec la coalition Yewwi Askan Wi constitue un tournant majeur. Cette alliance, qui avait permis une percée spectaculaire de l’opposition lors des élections locales de 2022, est aujourd’hui dominée par le tandem Diomaye-Sonko.
En s’en éloignant, Barthélémy Dias perd un levier politique essentiel, une base électorale structurée et un appareil militant solide.

Dès lors, il se retrouve face à un double défi, consistant à reconstruire une force politique autonome et convaincre les sénégalais au-delà de son socle traditionnel.

La stratégie de reconquête consiste à occuper l’espace, avec des atouts réels mais insuffisants.
Malgré ces obstacles, Dias conserve certains arguments comme cette notoriété nationale qu’il a construite au fil des combats politiques. Ce qui lui procure une expérience électorale significative, et
une capacité à mobiliser une partie de la jeunesse urbaine.
Toutefois, ces atouts pourraient ne pas suffire face à l’absence d’une coalition forte et la concurrence d’autres figures de l’opposition.

2027–2029 : entre ambition et incertitude

Pour les élections locales de 2027 comme pour la présidentielle de 2029, plusieurs scénarios se dessinent.
Une candidature isolée, présenterait peu de chances de victoire face à des coalitions structurées. En termes plus explicites, un retour dans une dynamique d’alliance est condition essentielle pour peser électoralement. Il ne faut surtout pas occulter la capacité de Barthélémy Dias à jouer un rôle d’arbitre, capable d’influencer l’issue du scrutin sans nécessairement l’emporter.
À ce stade, le dernier scénario semble le plus plausible.

Une équation politique encore ouverte

Le pari se repose sur une recomposition du champ politique sénégalais. Pour espérer rivaliser avec ses anciens alliés, il lui faudra dépasser les clivages actuels et reconstruire une offre politique crédible.
En politique, les dynamiques peuvent évoluer rapidement. Mais en l’état actuel des rapports de force, la route vers une victoire électorale apparaît semée d’embûches. Plus qu’un simple retour, Dias joue une véritable survie politique. Entre isolement stratégique et volonté de rebond, son avenir dépendra de sa capacité à transformer une posture d’opposant en véritable projet de rassemblement national.