Touba: Suivez la célébration du départ en exil de Serigne Touba, le sens du Magal (Vidéo)

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Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké ou Khadimou Rassoul (serviteur du prophète Mohamed) a été exilé le 21 septembre 1895 au Gabon, où il resta sept ans du fait du colonisateur français engagé dans une croisade contre l’islam, au Sénégal. « C’était une manière de l’éloigner des siens, mais surtout de l’asservir », explique Serigne Moussa Niang, membre de la cour de Serigne Mountakha Mbacké, petit-fils du fondateur du Mouridisme.

 

 

Selon lui, si, après une réflexion poussée et nourrie, le colonisateur a choisi la destination de Mayombé (une île au Gabon) pour exiler Serigne Touba, c’est parce qu’ « il voulait en finir avec le cheikh qui avait de plus en plus du charisme ». Né en 1855 à Mbacké, dans le Baol au centre du Sénégal, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké a été un théologien musulman soufi sénégalais fondateur de la confrérie mouride. Un mouvement religieux qui se définit comme une aspiration à Dieu, conformément au message prophétique mais aussi une philosophie du travail et de l’effort. C’est ainsi que le 12 août 1895, coïncidant avec le 18ème jour du mois musulman de Safar, Serigne Touba quitta le Port de Dakar à bord d’un bateau pour un long et pénible voyage pour le Gabon. Sauf que là où ses disciples et parents s’inquiétaient sur son sort. Certains se demandant même s’ils le reverraient à nouveau un jour. Mais le grand Cheikh, dans son fort intérieur, communiquait avec Dieu par le biais du prophète Mohamed (PSL), qui lui faisait savoir que ce départ en exil, loin d’être une contrainte, sera la clé de voûte de sa mission.

 

Ainsi, Serigne Touba passera sept années d’exil sur l’île inhospitalière de Mayombé, bravant toute sorte de dangers. Mais il trouvait toujours refuge auprès de son Seigneur qui a su l’appuyer. Et dés son retour, en 1912, ils étaient nombreux les talibés et parents, à qui il avait promis de revenir, à nager dans un bonheur immense, au point de vouloir fêter cette « résurrection ». Serigne Touba a souhaité que soit fêté son départ en exil en lieu et place de son retour. Parce que, c’est durant cette séquence de sa vie que Dieu lui a révélé tout ce qu’il voulait savoir. En quelque sorte, c’était  l’accomplissement de son œuvre. Depuis lors, chaque année, des fidèles venus des régions du Sénégal, des pays d’Afrique et du reste du monde affluent vers Touba pour la célébration du Magal. Le plus grand pèlerinage religieux sénégalais réunissant annuellement des millions de personnes, dont des occidentaux.